Le garçon du labyrinthe

Il était une fois un garçon qui vivait dans un labyrinthe construit par son père. Ce dernier était parti sur un chantier lointain, et avait promis qu’il reviendrait un jour.

labyrinthe

En attendant, pour survivre, le garçon cultivait un jardin, et chassait les animaux perdus dans le labyrinthe en disposant des pièges.

Le garçon pose un piège

Or, il y avait en ce temps des dragons, et l’un d’entre eux survolait ce jour-là le pays à la recherche d’un abri. Les dragons n’ont qu’un seul but : posséder un trésor, et une fois qu’ils l’ont, dormir dessus durant mille ans dans un endroit tranquille. Celui-ci transportait déjà un coffre entre ses griffes. Lorsque, du ciel, il vit le labyrinthe, il pensa : « Oh le beau labyrinthe, je vais aller dormir au centre et mon trésor sera bien protégé. » Et il se posa sur le potager.

Le dragon arrive vers le labyrinthe

Le garçon accourut aussitôt, armé d’un râteau pour le chasser.
— Vous n’avez pas le droit de dormir ici, dit-il. Vous êtes chez mon père.
Le dragon l’écarta d’une griffe.
— Qui va à la chasse perd sa place, rétorqua-t-il.
Et il lança un jet de flammes, que le garçon esquiva de justesse.

Le dragon pensait faire un bon repas avant de se coucher, et poursuivit l’enfant dans le labyrinthe, délaissant son coffre.
Jusqu’à ce qu’ils arrivent tous deux dans une impasse.
— Je vais te griller façon barbecue, dit le dragon ravi.

Mais alors qu’il s’avançait, il tomba dans une chausse-trappe. Le garçon, qui connaissait par coeur le labyrinthe et ses pièges, l’avait attiré là exprès. Il referma la trappe par dessus l’animal, et revint au potager où était resté le coffre. En l’ouvrant, il découvrit une simple paire de ciseaux.

— Ce n’est pas un trésor ! s’indigna-t-il.
— Petit imbécile, répondit le dragon, qui était sorti du trou en volant et en pulvérisant la trappe. Ce sont des ciseaux magiques. Rends-les moi immédiatement !

Aussitôt, le garçon s’empara des ciseaux, et fonça sur le dragon pour le transpercer comme il l’aurait fait avec une épée. Mais les lames rebondirent sur la peau du reptile.
— Ces ciseaux ne fonctionnent pas de cette façon, ricana le dragon.

Prenant une grande inspiration, il souffla un jet de flammes en direction du garçon. Celui-ci continuait à manipuler les ciseaux dans tous les sens, si bien que lorsque le feu l’atteignit, il fit le geste de le couper.
Tout à coup, les flammes s’arrêtèrent.
— Des ciseaux coupe-feu ! s’exclama le garçon.
— Pas du tout, petit impertinent, répondit le dragon en colère, ce sont des ciseaux à couper le souffle !

Et alors que le dragon lui parlait, le garçon refit le geste de couper l’air dans sa direction.
— Ils sont très anciens et ne devraient pas être manipulés par un en/…
Le dragon avait beau articuler, son souffle avait de nouveau été stoppé, de sorte que l’on n’entendait plus rien de ce qu’il voulait dire. Ça le rendait d’autant plus furieux.
— Rends-moi tout de suite ces ci/… !

Le garçon fila de nouveau, poursuivi par l’animal. Il ne savait plus comment s’en débarrasser. Aucun des pièges du labyrinthe ne pouvait arrêter un dragon. Alors, pendant qu’il courait, il découpa son propre souffle en petits morceaux, si bien que tous ses souffles réunis en formèrent bientôt un très grand qu’il garda prisonnier dans sa main.

Quand le souffle fut tornade, il se retourna face au dragon, et le libéra. L’animal fut balayé, et expulsé hors du labyrinthe, où il ne remit jamais les pieds.

Lorsque le garçon raconta cette histoire à son père, il en eut le souffle coupé.

Fin

(Toutes les illustrations de cette page sont de Caroline Maerten)